AFRIQUE CULTURES URBAINES
et TRADITIONS
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Afrique, culture et stéréotypes.
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L’
image de I’Afrique est fortement conditionnée par le regard
ethnocentrique des occidentaux depuis Hérodote. La déportation vers
les Amériques, suivi de I’esclavage des africains durant quatre siècles
ainsi que le passe colonial récent, a renforcé un complexe de supériorité
déjà en germe sous I’Antiquité.
La
culture africaine : qu’ est-ce que c’est en définitive ? |
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Le dessin pygmée
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ÉTUDE
D’ UNE TECHNIQUE Les
marumba, appelés aussi pongo ou lengbe, sont des pagnes confectionnés
à partir du liber ou aubier (c’est la partie interne de l’écorce)
battu, teint et peint. Quelles sont les étapes nécessaires à leur réalisation ?
Qui participent à la chaîne de fabrication ? Les
hommes découpent des bandes de largeur et de longueur variables dans le
liber de six ou sept espèces d’arbres. Le recours à plusieurs
essences, notamment des fucus, explique les couleurs diverses des spécimens
collectés : blanc, brun clair, brun foncé ou même orange. Précision
sur le support : il est battu et non tissé, il n’est pas réalisé
avec l’écorce proprement dite mais avec la substance fibreuse
contenue sous la couche superficielle plus dure. La matière première
est bien le liber. LES
ÉTAPES DE LA FABRICATION Une
juste répartition des rôles dans un couple. L’homme
se chargera de la longue opération de battage. Les instruments de
battage sont des maillets en bois, souvent sculptés dans l’ivoire. La
tête du maillet est creusée de rainures ou de hachures pour faciliter
le feutrage des fibres d’écorces. Par cette méthode, on obtient une
étoffe très fine, mais relativement résistante parce que les fibres
sont fortement entremêlées. La
femme s’approprie le matériau et le transforme en œuvre d’art. Elle
trace des lignes parallèles et couvre des surfaces au moyen d’un
liquide colorant. La couleur noire, la plus répandue, est faite d’un
mélange de charbon de bois réduit en poussière et de sève d’un
fruit vert en forme de grenade appelé Kange. Le jus de citron ne fourni
que des dessins peu apparents. La poudre rouge ou ngula donne des tons
chauds et soutenus. Pour
peindre le murumba, elle s’assoit à terre, jambes tendues. Sur ses
cuisses repose la toile pliée en deux ou en quatre. Elle peint des
motifs successivement sur chaque surface délimitée par les pliures,
sans se sentir obligée de faire coïncider les décorations des parties
adjacentes. Elle procède par juxtapositions, ruptures et changements,
selon le principe mbuti de la composition syncopée. Sur
son dessin apparaît une structure linéaire élémentaire qui confère
de l’ordre et de la stabilité, la spontanéité, et l’imprévu
reviennent avec l’exécution du dessin entre les lignes de démarcation.
Là, l’artiste modifie les motifs chaque fois qu’elle les répète
ou les remplace par des figures contrastées rompant l’harmonie ou
l’enchaînement logique. Chaque
carré semble indépendant et contraste avec les autres. Ainsi, des
lignes parallèles associées à des zigzags peuvent voisiner avec des
motifs d’ovales inscrits dans des rectangles. Dépliée,
l’œuvre apparaît dans toute sa cohérence et indique à quel point
l’artiste maîtrise la globalité de l’ensemble. Pour
finir, elle peut encore insérer de petits motifs dans les espaces
libres cernés par un contour. La plupart de ces figures, étoiles,
papillons, toiles d’araignée…renvoient à la nature et à la forêt.
D’autres se rapportent aux objets du quotidien comme les mortiers, les
peignes, les filets de chasse ou les flèches. LE
PONGO Les
femmes revendiquent leur art comme l’œuvre du sexe féminin. Elles
revendiquent aussi leur démarche créative car elles pensent apporter
une touche d’originalité dans leur monde. Enfin, elles revendiquent
leur liberté à travers la variété des formes improvisées qui révèlent
leur talent d’artiste. L’esthétique
mbuti repose donc sur la spontanéité et la diversité iconographique :
la lutte contre l’uniformité et la mobilité des formes sont des critères
d’excellence. Ainsi, les motifs contrastés sont considérés comme
beaux. De même, d’autres procédés, comme l’omission, sont1 utilisés
à des fins esthétiques : un pongo qui semblerait inachevé pour
un œil européen, est en réalité une œuvre à part entière dont les
endroits vides servent de faire-valoir aux parties pleines de la décoration. La
fécondité de l’invention est également recherchée car plus les
motifs sont hétérogènes, plus ils expriment une certaine forme de
richesse intérieure. En effet, pour obtenir cette variété,
l’artiste a du réfléchir longtemps avant de trouver des figures. La
valeur d’une œuvre repose sur la multiplicité du graphisme et la
complexité de la composition. LES
SIGNES PYGMÉES, UNE ÉCRITURE ? Les
signes mbuti peints sur du liber battu s’apparentent à d’autres
formes d’écriture forestière : les figures de cordes élaborées
par les femmes, les dessins au sol en rapport avec les rituels de
chasse, et les symboles classiques découpés dans des feuilles qui
servent de système de communication. Les
figures de corde ou images « écrites » à l’aide de corde
ou de liane nouée, procèdent d’une distraction populaire chez les
femmes pygmées. L’une des figures appelée adadupa (papillon) est
formée en son centre par des losanges et des triangles. Une autre dite
meliutu (nid d’abeille) évoque vaguement la forme hexagonale des alvéoles. A
ces figures ludiques s’ajoutent des signes tracés avec le doigt dans
le sol avant la chasse. Le
matériau qui sert de support est la terre de même que dans la plupart
des ethnies, en Afrique, qui utilisent le sol comme une ardoise
naturelle pour communiquer. Les
pygmées découpent également des signes dans les feuilles de la forêt
et les posent par terre, à proximité du croisement de deux sentiers.
Ces messages « foliaires » sont fabriqués selon une logique
précise. Certains ont un petit morceau arraché au bout, d’autres
sont traversés par un trou sur toute leur hauteur, d’autres sont percés
horizontalement, quelques-uns encore, ont un trou au milieu. Ces
feuilles perforées sont des symboles classiques et ils sont
indispensables en temps de guerre comme code idéographique. Arlette
BERRE, professeur de Lettres Histoire,
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