Le rôle du metteur en scène.

Jean Racine, Phèdre (1677) |
Jean-Louis Barrault, Mise en scène pour "Phèdre" (1946) |
Phèdre, Oenone, Panope a |
a. Aucun temps. Voici déja que Panope est
là, à la fois essoufflée et terrifiée. Comment est-elle entrée ? C'est à peine si on
l'a remarquée. (Par le chemin de l'Evasion, 1er plan droite.) Trois pas rapides, elle
était là, ramenant la réalité. |
Panope Je voudrais vous cacher une triste nouvelle, |
b. Elle respire. c. Elle respire. d. C'est l'alexandrin le plus largement dit de la réplique. e. Pendant ce vers, Oenone se précipite vers Panope et, rapide, questionne. |
Oenone Panope, que dis-tu ? |
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Panopef
Que la Reine abusée1, |
f. Aucune perte de mouvernent. L'action avance à grands pas. Et tandis qu'elle avance à grands pas, Phèdre, au contraire, au ralenti se soulève depuis la fin du vers 320 [ligne 4 de l'extrait] et n'est debout que pour dire: Ciel! (comme par réflexe, sans intention. A ce moment, chez Phèdre : contraction brusque du jarret, c'est tout). |
Phèdre Ciel ! |
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Panopeg Pour le choix d'un maître Athènes se partage. |
g. La différence qu'il y a entre cette réplique et les deux précédentes, c'est que celle-ci constitue une période, alors que les deux précédentes étaient des répliques d'action. Celle-ci donne l'impression physique de la perturbation qu'une telle nouvelle a jetée dans la ville. Déjà les intrigues apparaissent. Panope peut donc, avant de commencer cette période, se permettre un léger temps. h. Phèdre n'écoute même pas. Oenone, qui réagit plus vite que Phèdre, observe celle-ci. Elle a déjà son idée, si bien que la pauvre Panope parle légèrement dans le vide ; aussi au vers 334, ma foi ! elle s'arrête. |
Oenone iPanope, c'est assezj. La Reine qui t'entend, |
i. Temps énorme, pendant lequel Phèdre, sous les yeux de
ses deux servantes, se rassied au ralenti, raide comme un mannequin. Eviter la secousse
fnale pour "jouer" la faiblesse. Le geste de s'asseoir ne doit avoir aucun
angle. j. Demi-temps. Sans quitter Phèdre des yeux, Oenone, d'un geste discret, congédie Panope. k. Silence, pendant lequel Panope sort, encore toute chavirée, mais un peu éberluée par la torpeur de la reine. Deux ou trois pas rapides d'Oenone qui s'assure du départ de Panope. Deux pas rapides pour revenir vers Phèdre et la réplique commence, sur un rythme pressant. |
| Jean Racine, Phèdre (acte I, scène 4), 1677. 1. Abusée : dans l'erreur |
Jean-Louis Barrault, Mise en scène pour Phèdre, Seuil. 1946. |
Source : Manuel BREAL Littérature 1ère p. 504.