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Evaluation de la séquence n°4
Lire une nouvelle fantastique de Maupassant,  Apparition

Texte :

Ulrich ne dormit guère, l'esprit hanté de visions, les membres secoués de frissons. Le jour allait paraître quand il se releva. Ses jambes étaient raides comme des barres de fer, son âme faible à le faire crier d'angoisse, son cœur palpitant à le laisser choir d'émotion dès qu'il croyait entendre un bruit quelconque.
Il pensa soudain qu'il allait aussi mourir de froid dans cette solitude, et l'épouvante de cette mort, fouettant son énergie, réveilla sa vigueur.
Il descendait maintenant vers l'auberge, tombant, se relevant, suivi de loin par Sam, qui boitait sur trois pattes.
Ils atteignirent Schwarenbach seulement vers quatre heures de l'après-midi. La maison était vide. Le jeune homme fit du feu, mangea et s'endormit, tellement abruti qu'il ne pensait plus à rien.
Il dormit longtemps, très longtemps, d'un sommeil invincible. Mais soudain, une voix, un cri, un nom : « Ulrich », secoua son engourdissement profond et le fit se dresser. Avait-il rêvé? Etait-ce un de ces appels bizarres qui traversent les rêves des âmes inquiètes? Non, il l'entendait encore, ce cri vibrant, entré dans son oreille et resté dans sa chair jusqu'au bout de ses doigts nerveux. Certes, on avait crié; on avait appelé : « Ulrich! » Quelqu'un était là, près de la maison. Il n'en pouvait douter. Il ouvrit donc la porte et hurla « C'est toi, Gaspard! » de toute la puissance de sa gorge.
Rien ne répondit; aucun son, aucun murmure, aucun gémissement, rien. Il faisait nuit. La neige était blême.
Le vent s'était levé, le vent glacé qui brise les pierres et ne laisse rien de vivant sur ces hauteurs abandonnées. Il passait par souffles brusques plus desséchants et plus mortels que le vent de feu du désert. Ulrich, de nouveau, cria « Gaspard! - Gaspard! - Gaspard! »
Puis il attendit. Tout demeura muet sur la montagne! Alors, une épouvante le secoua jusqu'aux os. D'un bond il rentra dans l'auberge, ferma la porte et poussa les verrous; puis il tomba grelottant sur une chaise, certain qu'il venait d'être appelé par son camarade au moment où il rendait l'esprit.

Maupassant, L’auberge.

 Questions :

I. Une atmosphère étrange

1°) Quel est le champ lexical dominant dans les lignes 1 à 6 ? (1 pt)
Relevez quatre mots ou expressions qui l’illustrent. (2 pts)
Quelle atmosphère est ainsi créée au début du texte ? (1 pt)

2°) D’après les lignes 1 à 6, où se trouve Ulrich ? Où se rend-il ensuite ? (1 pt)

3°) Un cri réveille Ulrich à la ligne 13. Par quel procédé de style cet incident est-il mis en valeur ? Relevez précisément l’expression. (2 pts)

II. Les sentiments du personnage

1°) Observez le 5ème paragraphe (lignes 12 à 18) :
a) Quels types de phrases rencontre-t-on ? (2 pts)
b) Relevez un exemple pour chacun d’eux. (2 pts)
c) Qu’exprime l’utilisation de ces types de phrases ? (1 pt)

III. Les procédés du fantastique

1°) Expliquez la phrase : « La neige était blême » (ligne20). (2 pts)

2°) Relevez une répétition dans le texte et donnez-en la valeur. (2 pts)

3°) Relevez une personnification et expliquez-la. (2 pts)

4°) Relevez les modalisateurs du texte. Sont-ils nombreux ? Quel effet provoquent-ils ? (2 pts)