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Portrait des Actuphages

1) les Actuphages sont des êtres inquiétants, cela au moins est prouvé. Débiles, hagards, d'une effrayante maigreur, rétrécis et maladifs, comme déshydratés, dévorés de tics nerveux et de gangrènes, ils sont blêmes, déficients et leur force physique est pour ainsi dire nulle.

À peine s'ils ont la force de marcher sans tituber et le moindre geste leur coûte de terribles efforts. D'ailleurs, ils bougent peu et vivent presque sans cesse affaissés sur eux-mêmes, assoupis dans une éternelle indolence, comme si leur corps flasque et livide n'était qu'un cocon dans lequel ils paraissent se liquéfier en permanence. Inutile de dire que leur façon de vivre nous parait strictement incompréhensible, fondée sur des principes contradictoires que nous serions bien en peine de définir. Tout aussi incompréhensible à nos yeux est la façon brutale dont ils se voient privés de la vie comme s'ils tombaient dans une quantité de pièges qui paraissent à nos yeux complètement anodins, d'autant plus saugrenus. Leur vue est faible, ils sont tous presque sourds et parlent d'une voix tonitruante qui a fait de leur monde une explosion de vacarme régi par des lois et des variations qui nous échappent égale­ment. Leur crâne a de gigantesques proportions, mais leurs membres, par contre, sont atrophiés, à peine développés. Ils n'ont pour ainsi dire pas de doigts et tous leurs organes intérieurs s'infectent au moindre prétexte. Tout leur aspect évoque quelque chose de larvaire, de mal accroché, comme s'ils avaient été créés en hâte, à la chaîne, à bas prix.

 

 

2) Sans doute les Actuphages seraient-ils inoffensifs s'ils n'étaient pas, en revanche, hantés en permanence par un insatiable sadisme. Et pour l'assouvir, rien ne les rebute, aucune recherche ne les effraie. Ils déduisent, jonglent avec l'impossible, mul­tiplient l'impensable par quatre, construisent, mettent à exécution avec une dexté­rité telle que l'on peut supposer que leur cruauté les gave d'une certaine forme de génie. Après avoir changé leur monde, ils arrivent à se changer eux-mêmes. Et tels qu'ils apparaissent à présent, blindés de machines meurtrières auxquelles nous ne comprenons rien, changés en crustacés géants, ils semblent émerger, mi-larves, mi-­acier, de quelque cauchemar qui a fini par nous inquiéter. Car, nous croyons le savoir, pour les Actuphages, la vie est synonyme de poison et ils ne vivent que pour arriver à se supprimer mutuellement en utilisant les ruses les plus subtiles avec toutes les ressources d'une délirante imagination. Pourquoi agis­sent-ils ainsi ? C'est un de leurs secrets. Pourtant, ils ne se nourrissent pas de sang. Ils ne sont pas nécrophages. lis ne mangent pas de cadavres comme certains ani­maux. Mais il n'est pas exclu d'admettre qu'ils vivent, d'une façon obscure et abs­traite, de la mort. Comme si pour naître et survivre ils devaient prendre le vide laissé par la mort d'un de leurs semblables. À moins d'admettre que l'odeur de la mort alimente leur potentiel de vie. Ou sa présence invisible. Nous ne savons pas, mais nous sommes certains du fait que la vie de chaque Actuphage est étroitement liée à cette condition secrète : tuer d'autres Actuphages. Ou tuer d'autres êtres... Et cela nous concerne. Cela concerne tous les habitants de l'Univers.

 

-Surligne en bleu dans la partie 1 les informations qui concernent le portrait physique des actuphages.

-Surligne en rouge dans la partie 2 les informations qui concernent le portrait moral des actuphages.

 

Fais un report sur ton cahier de ces informations.

 

les Actuphages

les Actuphages

 

 

 

 

-Surligne en jaune les adjectifs et participes passés dans l’extrait 1

A partir des informations recueillies 

 

-  Détermine s’il s’agit d’un portrait où domine l’évaluation péjorative ou méliorative.

 

Prolongement

- Rédige en une dizaine de lignes sur ton cahier le portrait d’un habitant d’Ygir vu par un terrien.